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Quel cuir choisir pour un canapé : pleine fleur, fleur corrigée ou croûte ?

Deux canapés en cuir posés côte à côte, deux étiquettes de prix qui n’ont rien à voir, et le même éclat sous les spots du magasin. Le mot « cuir » recouvre pourtant des matières très différentes, et seule l’étiquette dit laquelle vous ramenez à la maison. Bonne nouvelle, la loi française encadre ce vocabulaire de près. Quelques repères suffisent pour savoir quoi exiger du vendeur avant de s’asseoir.

Pleine fleur, fleur corrigée ou croûte : quel cuir pour un canapé ?

Pour un canapé en cuir, le choix se joue entre trois familles de matières, que l’arrêté du 8 février 2010 définit avec précision. Le tableau suivant résume chacune d’elles.

Appellation légale Ce qu’elle désigne
Pleine fleur cuir qui a conservé l’intégralité de sa fleur d’origine, la couche externe de la peau
Fleur corrigée cuir dont la fleur a subi un ponçage mécanique
Croûte de cuir partie interne de la peau, obtenue par refente une fois la couche externe éliminée

Côté robustesse, l’animal compte moins qu’on ne le croit, puisque UFC-Que Choisir juge la solidité du buffle identique à celle de la vachette. Le buffle a ses adeptes, comme le montre la collection de canapés de la marque Barak 7, dont les modèles Chesterfield sont annoncés en cuir de buffle pleine fleur par le fabricant. Quelle que soit la marque, la question à poser reste la même : que dit l’étiquette sur la finition ?

La croûte de cuir garde un atout, son prix plus bas, mais elle doit s’afficher sous son vrai nom. La DGCCRF précise que la loi sépare « cuir » et « croûte de cuir » pour ne pas tromper l’acheteur sur la nature réelle du produit. Un vendeur qui parle de « vrai cuir » sans préciser la famille laisse donc l’essentiel dans l’ombre.

Aniline ou pigmenté : quelle finition pour un canapé en cuir ?

La finition désigne la pellicule protectrice qui recouvre le cuir, rappelle UFC-Que Choisir, et c’est elle qui décide de l’aspect autant de l’entretien. Un cuir aniline est coloré par des colorants seuls, sans aucun pigment, ce qui donne une finition transparente selon l’arrêté de 2010. L’association le classe en tête pour son toucher naturel, mais le dit cher et fragile.

Les cuirs pigmentés prennent le contraire. La fleur corrigée pigmentée est solide et d’entretien aisé, mais peu esthétique, tandis que la pleine fleur pigmentée offre un bon compromis : plutôt solide, facile à vivre et agréable à l’œil. Dans un salon où l’on vit au quotidien, c’est la piste la plus équilibrée.

Entre les deux, le semi-aniline désigne un cuir pigmenté dont la finition colorée reste semi-transparente. D’après la DGCCRF, il permet de masquer certains défauts naturels de la peau. Les autres appellations croisées en rayon relèvent, selon Que Choisir, du pur marketing.

Épaisseur, mousse, structure : ce qui fait durer un canapé en cuir

Le plus beau cuir ne sauve pas un canapé monté sur une structure fragile. UFC-Que Choisir donne des repères chiffrés qui se vérifient sur une fiche technique, avant même de s’asseoir. Les voici :

  • épaisseur du cuir : au moins 1,5 mm pour être confortable et résistant ;
  • mousse d’assise : densité minimale de 30 kg/m³, de préférence en haute résilience (HR) ;
  • mousse de dossier : 20 à 25 kg/m³ ;
  • structure : contreplaqué pour le haut de gamme, traverses en hêtre massif plutôt qu’en résineux ;
  • suspensions : ressorts, ou sangles entrecroisées, en évitant les sangles non entrecroisées.

Ces chiffres jugent la durabilité, pas le confort. La densité de la mousse mesure la résistance à l’affaissement, et seul un essai en magasin renseigne sur la fermeté de l’assise, avec un point à contrôler : le coussin de dossier doit reposer sur le coussin d’assise.

La marque NF Ameublement apporte un repère supplémentaire. Délivrée par l’institut technologique FCBA, elle repose sur des tests de sécurité, de durabilité et de qualité d’exécution, et Que Choisir y voit une garantie de bonne durabilité, avec un audit annuel des lieux de production. Elle reste volontaire, chaque fabricant choisissant les meubles de son catalogue qu’il fait certifier.

Comment lire l’étiquette d’un canapé en cuir ?

Pour un siège, l’étiquetage porte sur toutes les parties apparentes, arrière compris, d’après l’arrêté de 2010. Selon la DGCCRF, il doit mentionner la dénomination de la matière, la désignation de l’animal ou de l’espèce animale, ainsi que le type de finition.

Les raccourcis commerciaux sont encadrés. « Façon cuir », « simili-cuir », « imitation cuir » ou « faux cuir » sont interdits pour toute autre matière que le cuir, et le vendeur doit alors préciser s’il s’agit de synthétique ou de textile. Ce que beaucoup appellent « cuir reconstitué » est désigné par l’arrêté sous le nom de synderme : des fibres de cuir agglomérées avec un liant, dont la proportion atteint au moins 50 % du poids anhydre.

Une fois le canapé installé, l’entretien reste simple selon Que Choisir. Il suffit de passer un chiffon humide, avec de l’eau tiède et du savon de Marseille, tous les deux mois, puis d’appliquer un produit d’entretien incolore une à deux fois par an, tout en évitant l’exposition directe au soleil et les sources de chaleur.